Tours de la Massane et de Madeloc
Torre de la Maçana i torre de Madaloc
Sur les crêtes des Albères, les tours de la Massane et de Madeloc veillaient sur la côte pour les rois de Majorque, en échangeant des signaux de feu et de fumée.
Histoire en bref
Deux tours rondes se découpent sur les crêtes des Albères, au-dessus de la Côte Vermeille. La tour de la Massane, sur la commune d’Argelès-sur-Mer, se dresse entre 750 et 800 m d’altitude selon les sources, dans la réserve naturelle de la forêt de la Massane. La tour Madeloc, à environ 650 m, occupe la crête qui sépare Collioure de Port-Vendres, le long de la route des Crêtes.
Leur construction est attribuée aux rois de Majorque, et en particulier à Jacques II, à la fin du XIIIe siècle. Maître du Roussillon mais pris entre le roi de France au nord et son frère le roi d’Aragon au sud, il devait aussi se garder des raids venus de la mer. Les tours formaient une chaîne de guet : la nuit, on y allumait des feux ; le jour, on faisait de la fumée. La Massane communiquait ainsi avec le château de Collioure, résidence d’été des souverains, et le réseau s’étendait vers l’intérieur, jusqu’aux tours de Mir, de Cos ou de Batère.
La Massane apparaît dans les textes dès 1293, sous le nom de tour de Perabona ; Madeloc est citée en 1340, mais le nom du sommet est connu dès 981. Les tours servent encore au XVIIIe siècle : la Massane peut alors relayer des signaux de fumée ou tirer le canon pour donner l’alerte. En 1701, l’astronome Cassini II s’en sert comme repères pour mesurer la méridienne de Paris, et vers 1780 la Massane est blanchie pour guider les navires vers Port-Vendres.
Aujourd’hui, Madeloc porte un relais de télévision et reste accessible toute l’année, gratuitement. La Massane, en partie remontée par des bénévoles, se gagne par une randonnée exigeante au départ du parc de Valmy, à Argelès. Toutes deux comptent parmi les quatorze tours illuminées en 2024 au passage de la flamme olympique.
Dates clés
- 981Le sommet de Madeloc est cité sous la forme Pogium Madalauco.
- Fin du XIIIe s.Jacques II, roi de Majorque, fait élever une chaîne de tours de guet sur les hauteurs du Roussillon.
- 1293Première mention de la tour de la Massane, alors appelée tour de Perabona.
- 1340Première mention de la tour de Madeloc.
- 1701Le 12 mars, Cassini II monte à la Massane pour des mesures géodésiques liées à la méridienne de Paris.
- 1730Une carte française déforme le nom de Madeloc en « Matelotte ».
- XVIIIe s.La Massane peut encore transmettre des signaux de fumée ou tirer le canon pour donner l’alerte.
- Vers 1780La façade de la Massane est blanchie pour servir d’amer aux navires approchant de Port-Vendres.
- 1973Création de la réserve naturelle de la forêt de la Massane, où se trouve la tour.
- 2021La hêtraie de la réserve est inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco (28 juillet).
- 2024Les deux tours sont illuminées au passage de la flamme olympique.
Faits marquants et anecdotes
Feu la nuit, fumée le jour
Les guetteurs prévenaient leurs voisins par des feux après le coucher du soleil et par des colonnes de fumée en journée ; un message pouvait ainsi courir de crête en crête jusqu’au château de Collioure.
La tour du Diable
Madeloc a longtemps été surnommée la tour du Diable. Son nom viendrait d’un nom de personne d’origine germanique.
Une tour taillée pour durer
Madeloc mesure environ 30 m de haut pour 25 m de tour, avec des murs de 2 m d’épaisseur percés de meurtrières, deux niveaux intérieurs et une citerne creusée dans la roche.
Un repère pour les savants
En 1701, Cassini II utilise les deux tours pour mesurer la méridienne ; à la Massane, il mesure 397 toises de dénivelé jusqu’à l’observatoire de Collioure.
Un amer pour les marins
Vers 1780, la Massane est passée au blanc pour être repérée depuis le large et aider, avec le fort Saint-Elme, à trouver l’entrée de Port-Vendres.
À ne pas manquer
- Le panorama depuis la Massane sur la plaine du Roussillon, le Canigó et le littoral
- La forêt de la Massane, réserve naturelle inscrite au patrimoine mondial, traversée sur des sentiers balisés
- La boucle de randonnée depuis le parc de Valmy, environ 12,5 km et 5 h 30 de marche, classée difficile
- Depuis Madeloc, la vue sur la plaine et la côte du Roussillon, jusqu’à l’Espagne
- La route des Crêtes, d’où l’on approche Madeloc
Sources
- Agence de développement touristique des Pyrénées-Orientales : la tour Madeloc
- Agence de développement touristique des Pyrénées-Orientales : réserve naturelle nationale de la forêt de la Massane
- Tourisme Pyrénées-Méditerranée : randonnée de la tour de la Massane
- Wikidata Q3533600 (tour de la Massane)
- Wikidata Q3533121 (tour Madeloc)
- Wikipédia : Tour de la Massane
- Wikipédia : Tour Madeloc
- Viquipèdia : Torre de Madaloc
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