Tours de Cabrenç
Torres de Cabrenç
Monument historique classé (1988 et 1994)Photo : Jean Paul Alandry, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons
Trois tours en ruine sur une crête du Haut-Vallespir, face à la Catalogne : les tours de Cabrenç furent le berceau d’une puissante baronie avant d’être détruites sur ordre de Vauban.
Histoire en bref
À l’extrémité du Haut-Vallespir, une arête de granit dessine la frontière entre les bassins du Tech et de la Muga. Sur trois de ses sommets, autour de 1 300 m d’altitude, se dressent les tours de Cabrenç, à cheval sur les communes de Serralongue et de Lamanère. L’ensemble réunit, du nord au sud, une tour à signaux, un poste fortifié appelé tour médiane et le château seigneurial, avec les restes d’une chapelle dédiée à saint Michel.
Cabrenç est le berceau de la baronie de Cabrenys, qui posséda de nombreuses terres de part et d’autre des Pyrénées et a laissé son nom au village de Maçanet de Cabrenys, en Alt Empordà. Le nom apparaît dans les textes en 1141. La date de fondation reste discutée : les sources évoquent un premier château entre le IXe et le XIe siècle, tandis que l’essentiel des vestiges visibles remonte aux XIIIe et XIVe siècles. Les barons y vivent jusqu’au XIVe siècle, avant de s’installer à Maçanet.
Chaque sommet avait son rôle. Le château abritait la demeure du seigneur, la tour médiane et son enceinte logeaient la garnison. Au nord, la tour polygonale, haute d’environ 12 m et voûtée sur trois niveaux, appartenait au réseau de tours à signaux du royaume de Majorque : elle communiquait, dit-on, avec les tours de Mir, de Cos et de Batère.
Le château a été détruit à l’explosif sur ordre de Vauban, en représailles contre la révolte des Angelets de la Terra, dans les années 1660-1670. Les ruines sont classées monument historique en 1988 pour le château et la tour médiane, puis en 1994 pour la tour nord, restaurée depuis et équipée d’un escalier et d’un belvédère. On y monte à pied par des sentiers balisés au départ de Lamanère ou de Serralongue.
Dates clés
- IXe – XIe s.Premier château sur le sommet sud, selon des datations qui varient d’une source à l’autre.
- 1141Première mention écrite du lieu, sous la forme Cabrens.
- XIIIe s.Principale campagne de construction des tours et des enceintes.
- XIVe s.Élévation de la tour nord, tour à signaux ; les barons de Cabrenys s’installent à Maçanet.
- Années 1660-1670Révolte des Angelets de la Terra : Vauban fait sauter le château en représailles.
- 1867Alexandre-Félix Ratheau consacre une étude aux ruines de Cabrenç dans le Bulletin monumental.
- 1965Une première inscription aux monuments historiques est prononcée, puis annulée.
- 1986Création, le 21 avril, d’une association pour la sauvegarde du château et des tours de Cabrenç.
- 1988Classement de la tour médiane et des vestiges du château (5 décembre).
- 1994Classement de la tour nord (17 mars).
- 2024Les tours font partie des quatorze tours illuminées au passage de la flamme olympique.
Faits marquants et anecdotes
Trois sommets, trois fonctions
Au nord, la tour qui donnait l’alerte ; au centre, le poste où vivait la garnison ; au sud, le château où résidait le seigneur. La tour à signaux est la mieux conservée des trois.
Une tour qui cache son plan
La tour nord paraît polygonale de l’extérieur, mais sa salle intérieure est presque rectangulaire. Elle était ceinturée d’un mur à peu près circulaire, doublé d’un fossé.
Un nom qui a franchi la frontière
La baronie née à Cabrenç a donné son nom à Maçanet de Cabrenys, de l’autre côté de la crête. Le linguiste Joan Coromines rattachait Cabrenç à un nom de personne latin, Caprentius.
La prison des barons
Selon la tradition populaire, la tour médiane aurait servi de prison à la baronie.
Un site chanté par Verdaguer
Le poète Jacint Verdaguer évoque Cabrenç dans le cinquième chant de son poème épique « Canigó ».
À ne pas manquer
- La tour nord, restaurée, avec son escalier et son belvédère
- La tour médiane et la porte de son enceinte, flanquée de meurtrières
- Les restes du château seigneurial et de la chapelle Saint-Michel, au sommet sud
- La vue sur les vallées et les crêtes du Haut-Vallespir
- Les sentiers balisés depuis Lamanère ou Serralongue, de 3 h 30 à 4 h 30 de marche
Sources
- Notice Mérimée PA00104133, ministère de la Culture
- Notice Mérimée PA00132963 (Lamanère), ministère de la Culture
- Agence de développement touristique des Pyrénées-Orientales : les tours de Cabrenc
- Wikidata Q15622256
- Wikipédia : Tours de Cabrenç
- Viquipèdia : Cabrenç
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