Église Saint-Jacques de Perpignan
Sant Jaume de Perpinyà
Monument historique classé (27 janvier 1987)Église des jardiniers et des tisserands au sommet de son quartier, Saint-Jacques est depuis 1416 le foyer de la confrérie de la Sanch, d’où part chaque Vendredi saint la grande procession des pénitents de Perpignan.
Histoire en bref
Saint-Jacques couronne l’une des deux collines de la vieille ville de Perpignan, à l’est du centre. Une tradition place dès le XIIe siècle, sur ces hauteurs alors hors les murs, une petite chapelle dédiée à saint Jacques. Le quartier se peuple surtout dans la seconde moitié du XIIIe siècle, quand le roi Jacques Ier d’Aragon fait lotir des terrains qui lui appartiennent ; jardiniers et tisserands s’y installent en nombre.
L’église actuelle a été en grande partie reconstruite au XIVe siècle. C’est un bel exemple du gothique méridional catalan : une nef unique, bordée de chapelles. Les métiers du quartier ont marqué l’édifice : les tisserands élèvent leur chapelle de confrérie en 1394, et les jardiniers, les hortolans, rebâtissent le chevet de 1395 à 1400, en signant la clé de voûte de leur arbre chargé de fruits. Au sud, un portique abrite un portail de marbre blanc du début du XIVe siècle, sans doute récupéré au XVIIe siècle sur l’église voisine de la Real.
Le 11 octobre 1416, après les prédications du dominicain Vincent Ferrier sur la Passion, la confrérie de la Sanch, le « Précieux Sang », est fondée dans l’église. Ses membres accompagnaient les condamnés à mort jusqu’au lieu de leur exécution et leur assuraient une sépulture chrétienne. Entre 1699 et 1742, la confrérie fait bâtir sa propre chapelle contre le mur ouest ; au XIXe siècle, le mur qui la séparait de la nef est abattu, si bien que deux autels se font face aujourd’hui aux deux extrémités de l’église.
En 1785, la vieille charpente de la nef est masquée par des voûtes en briques posées à plat, et le clocher, qui menaçait ruine, est reconstruit en brique au milieu du XIXe siècle. Classée monument historique en 1987, Saint-Jacques reste le siège de l’Archiconfrérie de la Sanch : le Vendredi saint, la procession des pénitents en part traditionnellement l’après-midi, traverse les quartiers du centre ancien et y revient.
Dates clés
- XIIe s. (tradition)Une petite église dédiée à saint Jacques se serait élevée sur le « puig des Lépreux », hors de la ville.
- Seconde moitié du XIIIe s.Le quartier Saint-Jacques se développe sur des terres du roi Jacques Ier d’Aragon.
- XIVe s.L’essentiel de l’église actuelle est reconstruit, en gothique méridional.
- 1394Les tisserands construisent leur chapelle de confrérie.
- 1395-1400La confrérie des jardiniers fait rebâtir le chevet.
- 11 octobre 1416Fondation de la confrérie de la Sanch dans l’église, après la prédication de Vincent Ferrier.
- 1545-1546Le clocher, endommagé par un incendie accidentel, est reconstruit.
- XVIIe s.Le portail de marbre blanc, sans doute venu de l’église de la Real, est remonté sur la façade sud.
- 1699-1742Construction de la chapelle de la Sanch contre le mur ouest.
- 1785La nef reçoit des voûtes à la catalane, en briques posées à plat.
- Milieu du XIXe s.Le clocher est entièrement reconstruit en brique.
- 1943 et 1950Après des décennies à l’intérieur de l’église, la procession de la Sanch ressort dans le quartier, puis dans tout le centre ancien.
- 1987Classement de l’église au titre des monuments historiques (27 janvier).
Faits marquants et anecdotes
L’église des hortolans
Les jardiniers maraîchers, nombreux dans le quartier, ont financé le chevet à la fin du XIVe siècle : leurs armoiries, un arbre chargé de fruits, sont sculptées sur la clé de voûte et les culots.
La confrérie du Précieux Sang
Fondée en 1416, la confrérie de la Sanch avait pour mission d’assister les condamnés à mort jusqu’au supplice et de les inhumer chrétiennement ; le dernier accompagnement documenté date de 1846.
Deux chœurs face à face
La chapelle de la Sanch, bâtie à l’ouest comme un édifice à part, a été ouverte sur la nef au XIXe siècle : on y voit désormais deux grands autels qui se regardent.
Le départ de la procession
Le Vendredi saint après-midi, plus de 800 pénitents, en tunique noire et cagoule, la caperutxa, partent de Saint-Jacques en portant les misteris, statues de la Passion. Cette tradition est inscrite depuis 2023 à l’inventaire du patrimoine culturel immatériel en France.
Un portail voyageur
Le portail de marbre blanc, du début du XIVe siècle, proviendrait de l’église Notre-Dame-la-Real ; il n’aurait pris sa place actuelle qu’au XVIIe siècle.
À ne pas manquer
- Le portique et le portail de marbre blanc de la façade sud
- La nef unique et le chevet des jardiniers, avec leurs armoiries sculptées
- La chapelle de la Sanch, ouverte sur la nef, face au maître-autel
- Les retables des chapelles latérales, dont celui du Rosaire, venu de l’ancien couvent des Dominicains
En ce moment et prochainement sur place
30 Sep Saint-Jacques, des Pépites dans Mon QuartierPerpignan · → 29 OctSources
- Notice Mérimée PA00104075, ministère de la Culture
- Ministère de la Culture : fiche d’inventaire « La Sanch »
- Tourisme Pyrénées-Orientales : église Saint-Jacques
- Wikidata Q3581873
- Wikipédia : Église Saint-Jacques de Perpignan
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