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Églises et cathédrales

Église Notre-Dame-des-Anges de Collioure

Santa Maria dels Àngels de Cotlliure

Collioure · XIIIe – XVIIe siècle

Monument historique classé (église et tour-clocher, 3 janvier 1923)

Photo : GFreihalter, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Bâtie au bord de l’eau après la démolition de l’ancienne église par les travaux de Vauban, Notre-Dame-des-Anges a fait d’un vieux phare son clocher, devenu la silhouette la plus célèbre de Collioure, et cache derrière ses murs sobres des retables baroques couverts d’or.

Histoire en bref

L’église qui fait face à la mer n’est pas la première de Collioure. L’ancienne église paroissiale Sainte-Marie se dressait dans la ville haute, près du château. Au début des années 1670, les travaux de fortification conduits sous Louis XIV pour dégager les abords de la citadelle entraînent sa démolition. Le roi accorde alors aux habitants un terrain sur les rochers qui ferment le port, au pied de l’ancien phare.

La première pierre est bénie le 18 juillet 1684, mais le chantier ne démarre vraiment qu’en 1687. L’église, bénie en 1691, suit le plan courant dans le Roussillon de l’époque : une nef unique bordée de chapelles logées entre les contreforts. Ses murs extérieurs, massifs et presque sans décor, s’appuient directement sur la vieille tour.

Cette tour ronde, sans doute élevée au Moyen Âge, signalait l’entrée du port par des fumées le jour et des feux la nuit. Depuis que Vauban a préféré le port en eau profonde de Port-Vendres, elle a perdu son rôle de phare : on la transforme en clocher, achevé en 1693. Son étage octogonal date du XVIIe siècle, et la petite coupole rose qui la coiffe n’est posée que vers 1810.

L’intérieur contraste avec cette sobriété. Le 6 octobre 1698, le sculpteur catalan Joseph Sunyer s’engage à réaliser le grand retable du maître-autel, consacré à l’Assomption : un triptyque de bois sculpté et doré sur trois niveaux, qui occupe tout le fond du chœur. D’autres retables dorés garnissent les chapelles latérales. Classées monument historique en 1923, l’église et sa tour ont fait l’objet ces dernières années d’une importante restauration menée par la commune.

Dates clés

  1. Vers 1275Création du port de Collioure ; la tour-fanal qui deviendra le clocher pourrait dater de cette époque.
  2. 1672-1673L’ancienne église paroissiale de la ville haute est rasée pour dégager les glacis du château.
  3. 18 juillet 1684Bénédiction de la première pierre de la nouvelle église, au pied de l’ancien phare.
  4. 26 avril 1687Début effectif de la construction, par le mur sud.
  5. 6 avril 1691Bénédiction solennelle de l’église.
  6. 1693La tour-fanal est achevée en clocher.
  7. 6 octobre 1698Joseph Sunyer signe le marché du retable du maître-autel.
  8. 1699-1701Mise en place du retable, étage par étage.
  9. Vers 1810Le clocher reçoit sa coupole.
  10. 1923Classement de l’église et de sa tour au titre des monuments historiques (3 janvier).
  11. 1959Reprise de la procession de la Sanch à Collioure, interdite par un arrêté municipal de 1904.
  12. Depuis 2020Restauration de l’église et du clocher engagée par la commune.

Faits marquants et anecdotes

Un phare devenu clocher

Avant d’appeler les fidèles, la tour guidait les navires : fumée le jour, feu la nuit. Selon l’office de tourisme, elle a aussi servi de tour de défense et de prison avant de recevoir ses cloches.

Une église déplacée par Vauban

Pour libérer les abords du château, l’ancienne église de la ville haute disparaît ; le roi offre en échange un terrain près du phare, au bord de l’eau.

Un retable payé en partie en poissons

D’après le contrat de 1698, Joseph Sunyer devait recevoir, en plus de son salaire, une part du thon rapporté à chaque pêche, à condition que ses ouvriers travaillent au retable.

La Sanch de Collioure

Le soir du Vendredi saint, une procession de pénitents se forme devant l’église. Interrompue au début du XXe siècle, elle a repris en 1959 et figure, avec celles de Perpignan et d’Arles-sur-Tech, à l’inventaire du patrimoine culturel immatériel.

À ne pas manquer

  • Le clocher rond et sa coupole rose, vus depuis la plage Saint-Vincent ou la jetée
  • Le retable doré du maître-autel, sculpté par Joseph Sunyer à partir de 1698
  • Les retables baroques des chapelles latérales, comme ceux de Saint-Vincent et de Saint-Éloi
  • La vue sur l’église et la tour depuis les remparts du château royal

Sources

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