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Fortifications et citadelles

Le Castillet

Castellet

Perpignan · XIVe – XVIe siècle

Monument historique classé (1889)

Photo : Sharon Hahn Darlin, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons

Porte fortifiée de brique élevée vers 1368, longtemps prison puis musée, le Castillet est devenu le symbole de Perpignan et de la culture catalane.

Histoire en bref

Au bord de la place de la Victoire, le Castillet est l’image la plus connue de Perpignan. Il rassemble trois ouvrages : le Grand Castillet, bâti vers 1368 pour protéger une porte nouvellement percée dans l’enceinte ; la porte Notre-Dame, ou Petit Castillet, accolée à son flanc est à la fin du XVe siècle ; et un bastion ajouté en 1542, aujourd’hui disparu. Le maître d’œuvre Guillaume Gatard l’élève pour l’infant Jean d’Aragon, en remplacement de l’ancienne porte du Vernet qui menait au faubourg.

Pensé comme un château fort face au nord, il est monté en brique, rehaussée de marbre de Baixas, avec des murs de 3,50 m d’épaisseur à la base. Pendant l’occupation du Roussillon par Louis XI, il perd son rôle militaire et devient prison d’État : le pont-levis disparaît, les fenêtres reçoivent des grilles, et la porte Notre-Dame est ouverte à côté pour garder un passage vers le Vernet. En 1542, sous Charles Quint, un bastion polygonal vient couvrir ses abords, bâti avec les matériaux de la chapelle Notre-Dame-du-Pont, démolie pour l’occasion.

Au XVIIe siècle, Vauban renforce ce bastion et remet l’ouvrage en état de défense. Le Castillet reste pourtant une prison militaire jusqu’en 1892, alors qu’il est classé monument historique depuis 1889. Quand Perpignan abat la plus grande partie de ses remparts, à partir de 1904, il est conservé, mais son bastion est dynamité.

Au XXe siècle, il accueille les archives municipales, puis le musée Casa Pairal, consacré à l’histoire de Perpignan et du Roussillon et aux arts et traditions populaires catalans. La visite s’achève sur la terrasse, au bout de 142 marches, avec une vue à 360° sur la ville et la plaine. Le monument garde aussi, toute l’année, la flamme du Canigó qui allume chaque été les feux de la Saint-Jean.

Dates clés

  1. Vers 1368Le maître d’œuvre Guillaume Gatard bâtit le Grand Castillet pour l’infant Jean d’Aragon, afin de défendre une nouvelle porte de la ville.
  2. Fin du XVe s.Pendant l’occupation du Roussillon par Louis XI, la forteresse devient prison d’État ; le pont-levis est supprimé.
  3. 1478-1485Construction de la porte Notre-Dame, ou Petit Castillet, contre le flanc est (1478 ou 1481-1485 selon les sources).
  4. 1542Charles Quint fait élever un bastion polygonal devant le Castillet ; la chapelle Notre-Dame-du-Pont est démolie.
  5. XVIIe s.Vauban renforce le bastion et remet le Castillet en état de défense ; un corps de garde est bâti au pied.
  6. 1843Démolition du corps de garde.
  7. 1864Création de la niche à encadrement gothique qui abrite la statue de la Vierge sur la façade.
  8. 1889Le Castillet est classé monument historique.
  9. 1892Six prisonniers s’évadent ; le Castillet cesse d’être une prison militaire.
  10. 1904Démolition de la plus grande partie des remparts : le Castillet est conservé, son bastion est dynamité.
  11. 1948Découverte d’un squelette d’enfant dans un réduit muré du Petit Castillet.
  12. XXe s.Le monument abrite les archives municipales, puis le musée Casa Pairal.

Faits marquants et anecdotes

L’énigme de l’enfant du Castillet

En 1948, le bibliothécaire municipal fait rouvrir une fenêtre murée du Petit Castillet : un réduit étroit renferme le squelette d’un enfant. La rumeur y a vu Louis XVII, fils de Louis XVI ; les études ont montré que l’enfant y avait été enfermé à la fin du XIXe siècle, mais son identité reste inconnue.

La flamme du Canigó

Selon la tradition, une flamme est conservée toute l’année dans le Castillet ; elle est montée au sommet du Canigó pour y être ravivée, puis redescendue dans les villages pour allumer les feux de la Saint-Jean.

Une forteresse de brique

Les murs du Grand Castillet mesurent 3,50 m d’épaisseur à la base ; les parapets culminent à 20 m et le faîte de la tourelle à 29,20 m.

Une évasion après le classement

Classé monument historique en 1889, le Castillet sert encore de prison quelques années : en 1892, six détenus parviennent à s’en échapper.

Une chapelle sacrifiée

En 1542, la chapelle Notre-Dame-du-Pont et les maisons du faubourg sont rasées pour bâtir le bastion ; le Castillet est alors placé sous la protection de la Vierge du Pont, dont la statue orne aujourd’hui sa façade.

À ne pas manquer

  • La vue à 360° depuis la terrasse, au terme de 142 marches
  • Les collections du musée Casa Pairal sur l’histoire de Perpignan et les traditions catalanes
  • La porte Notre-Dame et la niche de la Vierge sur la façade
  • Le couronnement de créneaux et de consoles, et la tourelle de brique coiffée d’une coupole
  • La place de la Victoire, au pied du monument, cœur des fêtes de Perpignan

Sources

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