Prieuré de Marcevol
Santa Maria de Marcèvol
Monument historique classé (église, liste de 1840)Seule maison des chanoines du Saint-Sépulcre en Roussillon, le prieuré roman de Marcevol, sauvé de la ruine par des bénévoles, fait face au Canigou au-dessus de la vallée de la Têt.
Histoire en bref
Sur un plateau d’environ 560 mètres d’altitude, face au Canigou et au-dessus de la vallée de la Têt, le hameau de Marcevol, rattaché à Arboussols depuis 1822, occupe un site habité depuis la préhistoire, comme en témoignent un dolmen et un oppidum. En 1129, l’évêque d’Elne confie son église et ses terres aux chanoines réguliers du Saint-Sépulcre, un ordre né à Jérusalem après la première croisade pour veiller sur le tombeau du Christ. Marcevol devient leur seule maison en Roussillon.
Les chanoines, qui suivent la règle de saint Augustin, rebâtissent l’église au XIIe siècle : un testament de 1142 évoque le chantier en cours. L’édifice compte trois vaisseaux ; sa façade de granite, très sobre, met en valeur un portail et une fenêtre de marbre rose, sous un clocher-mur décalé vers la droite. Au XIVe siècle, une muraille percée de meurtrières vient protéger les bâtiments de la communauté.
En 1428, un violent séisme frappe la Catalogne et ruine une grande partie du prieuré ; la voûte de la nef et le collatéral nord ne sont refaits qu’à la fin du XVe siècle. Le pape dissout alors l’ordre du Saint-Sépulcre, et Marcevol passe à la communauté des prêtres de Vinça, qui le gère jusqu’à la Révolution. Ils y organisent des « pardons » en l’honneur de la Vierge, qui attirent des centaines de pèlerins en quête d’indulgences.
Vendu comme bien national, le prieuré devient le centre d’une exploitation agricole et se dégrade, malgré le classement de l’église en 1840. En 1971, des bénévoles venus de toute la France fondent une association pour le sauver : pendant une trentaine d’années, ils dégagent les ronces et relèvent les murs, rejoints ensuite par les Monuments historiques. Devenue au début des années 2000 une fondation reconnue d’utilité publique, elle fait vivre le lieu avec des visites, des concerts, des expositions et l’accueil de groupes et de classes.
Dates clés
- 1099Après la prise de Jérusalem par les croisés naît l’ordre des chanoines du Saint-Sépulcre, chargé de garder le tombeau du Christ.
- 1129L’évêque d’Elne donne l’église de Marcevol et ses biens aux chanoines du Saint-Sépulcre.
- 1142Un testament mentionne les travaux de la nouvelle église, alors en cours.
- 1129-1160Construction de l’église romane, selon la Fondation du prieuré.
- XIVe siècleUne muraille défensive entoure les bâtiments des chanoines.
- 1428Un tremblement de terre endommage gravement l’église et les bâtiments du prieuré.
- Fin du XVe s.Le pape dissout l’ordre du Saint-Sépulcre (1484 ou 1489 selon les sources) ; le prieuré passe aux prêtres de Vinça.
- 1496Reconstruction de la voûte de la nef et du collatéral nord.
- RévolutionVendu comme bien national, le prieuré devient une exploitation agricole.
- 1822Le hameau de Marcevol est rattaché à la commune d’Arboussols.
- 1840L’église figure sur la première liste des monuments historiques classés.
- 1971Création d’une association de bénévoles qui entreprend de sauver le prieuré de la ruine.
- Début des années 2000L’association devient la Fondation du prieuré de Marcevol, reconnue d’utilité publique.
Faits marquants et anecdotes
Un ordre venu de Jérusalem
Les chanoines du Saint-Sépulcre, fondés après la première croisade, essaimèrent en Europe grâce aux dons. Marcevol fut leur unique établissement en Roussillon, rattaché selon certaines sources à la maison de Santa Anna de Barcelone.
La légende de la mère du pape
On raconte qu’une vieille pèlerine en route vers Compostelle, mère du successeur de saint Pierre, mourut à Marcevol après qu’un paysan l’eut aidée sous l’orage : le sac de farine laissé dehors resta sec. Elle aurait été enterrée sous l’autel.
Les pardons de Marcevol
Les prêtres de Vinça firent du prieuré un lieu de pèlerinage où l’on venait chercher des indulgences ; cette fête, la plus célèbre du Conflent, se perpétue avec une messe chaque 3 mai.
Deux prieurs dans la façade
Deux plaques de marbre rose gravées, encastrées dans la façade, signalent les tombes de deux prieurs morts au XIIe siècle.
Sauvé par des bénévoles
Dans les années 1970, des volontaires venus de Paris, Bordeaux, Toulouse ou Clermont, presque sans moyens, ont commencé la restauration ; les aides publiques ne sont venues qu’ensuite.
À ne pas manquer
- La façade occidentale de granite, son portail et sa fenêtre en marbre rose, sous le clocher-mur
- Les pentures de fer forgé qui décorent les vantaux du portail roman
- La fresque du Christ en majesté conservée dans l’absidiole sud
- La chapelle Sainte-Marie-des-Grades, dans le hameau, qui garde des éléments de l’ancien retable du prieuré
- Le panorama sur le Canigou et la vallée de la Têt
Sources
- Notice Mérimée PA00103949, ministère de la Culture
- Fondation du prieuré de Marcevol : site officiel
- Fondation du prieuré de Marcevol : histoire du prieuré
- Fondation du prieuré de Marcevol : Priorat de Marcèvol (en catalan)
- Wikidata Q958230
- Wikipédia : Prieuré de Marcevol
- Viquipèdia : Santa Maria de Marcèvol
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