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Fortifications et citadelles

Cité fortifiée de Villefranche-de-Conflent

Vila fortificada de Vilafranca de Conflent

Villefranche-de-Conflent · XIe – XVIIIe siècle

Monument historique classé (1920, 1933 et 1938) ; patrimoine mondial de l’UNESCO (2008)

Photo : H. Zell, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

Serrée dans ses remparts de marbre rose au fond de la vallée de la Têt, Villefranche-de-Conflent marie une enceinte médiévale et l’œuvre de Vauban, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Histoire en bref

Au fond du défilé de la Têt, là où le Cady rejoint le fleuve, Villefranche naît vers 1090-1092 d’une charte du comte de Cerdagne Guillaume-Raymond. Les habitants reçoivent des franchises, qui donnent son nom à la ville, et le comte l’entoure dès l’origine d’un mur flanqué de tours pour verrouiller la route de la Cerdagne. Capitale du Conflent au plus tard en 1126, Villefranche le reste jusqu’au XVIIIe siècle.

Au Moyen Âge, l’enceinte est sans cesse reprise. Au XIVe siècle, la ville devient un enjeu de la lutte entre les rois d’Aragon et de Majorque, et les souverains aragonais renforcent ses défenses. Sous Alphonse V d’Aragon, entre 1441 et 1445, une grande partie du mur est refaite et la tour du Diable est élevée. Le pan sud de la muraille, le plus ancien, garde encore à sa base des maçonneries de l’époque de la fondation.

Prise par les Français au milieu du XVIIe siècle, la place voit ses murailles en partie démantelées, puis devient définitivement française avec le traité des Pyrénées (1659). Vauban, venu une première fois en 1669, fait accepter en 1679 un projet d’ensemble : il garde une partie des tours et courtines médiévales, ajoute des bastions aux angles, double la muraille d’un second chemin de ronde couvert d’ardoise et transforme une grotte, la Cova Bastera, en poste de défense. En 1681, il fait bâtir le fort Libéria sur la hauteur qui domine la ville.

Les portes de France et d’Espagne sont reconstruites à la fin du XVIIIe siècle. Classés monument historique en trois temps, en 1920, 1933 et 1938, les remparts, le fort Libéria et la Cova Bastera sont inscrits en 2008 au patrimoine mondial de l’UNESCO avec les autres Fortifications de Vauban. Propriété de la commune, l’enceinte se visite aujourd’hui sur ses deux niveaux de galeries.

Dates clés

  1. Vers 1090-1092Le comte de Cerdagne Guillaume-Raymond fonde Villefranche par une charte et l’entoure d’un mur flanqué de tours.
  2. 1126Au plus tard à cette date, Villefranche est la capitale du Conflent et le siège d’une viguerie.
  3. XIVe s.Enjeu de la lutte entre Aragon et Majorque, la ville voit ses défenses renforcées ; l’enceinte est reconstruite selon de nouveaux plans.
  4. 1421Une grande crue de la Têt endommage les ponts de la ville ; seul le pont Saint-Pierre est rétabli.
  5. 1441-1445Sous Alphonse V d’Aragon, construction de la tour du Diable et réfection d’une grande partie de l’enceinte.
  6. Milieu du XVIIe s.La ville est prise par les Français (1654) et ses murailles sont en partie démantelées.
  7. 1659Le traité des Pyrénées rattache le Roussillon et le Conflent à la France.
  8. 1669Premiers projets de modernisation des fortifications, lors de la première venue de Vauban en Roussillon.
  9. 1679Vauban fait accepter son projet : bastions, double chemin de ronde couvert et grotte fortifiée de la Cova Bastera.
  10. 1681Construction du fort Libéria sur la hauteur qui domine la ville au nord.
  11. 1783 et 1791Reconstruction de la porte de France, à l’est, puis de la porte d’Espagne, à l’ouest.
  12. 1920-1938Les remparts et leurs abords sont classés monument historique en trois étapes (1920, 1933 et 1938).
  13. 2008Le 7 juillet, l’ensemble fortifié est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO avec les Fortifications de Vauban.

Faits marquants et anecdotes

Deux chemins de ronde l’un sur l’autre

Vauban a doublé la muraille de deux niveaux de circulation couverts : une galerie voûtée en bas, posée sur les murs médiévaux, et un chemin de ronde coiffé d’un toit d’ardoise au-dessus. Un dispositif présenté comme unique dans son œuvre.

Une ville qui porte ses libertés

Le nom de Villefranche rappelle les franchises accordées très tôt à ses habitants par le comte de Cerdagne, pour attirer la population dans sa nouvelle capitale.

L’église dans le rempart

Au sud, la muraille s’appuyait directement sur l’église Saint-Jacques et faisait corps avec elle : l’édifice religieux participait à la défense de la ville.

Une grotte fortifiée

En aval, Vauban a aménagé une cavité naturelle, la Cova Bastera, en poste casematé relié au village par un escalier souterrain ; elle fait partie du bien inscrit par l’UNESCO.

Une cité de marbre rose

Les maisons, l’église et les murailles sont bâties en grande partie en marbre rose du pays et en griotte, sa variante, une pierre dure qui a bien résisté au temps.

À ne pas manquer

  • Le circuit des remparts sur deux niveaux, entre galeries voûtées et chemin de ronde couvert (entrée au 2 rue Saint-Jean)
  • Les portes de France et d’Espagne, la tour du Diable et les bastions d’angle
  • Les deux portails romans de l’église Saint-Jacques, avec leurs chapiteaux de l’atelier de Saint-Michel-de-Cuxa et les étalons de mesure du marché aux draps
  • Les rues Saint-Jacques et Saint-Jean, bordées de maisons médiévales en marbre rose
  • La vue sur le fort Libéria, accroché à la montagne au-dessus du pont Saint-Pierre

Sources

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