Les toiles catalanes
Photo : Bertrand Pichène, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons
Rayures franches, coton serré, couleurs du pays : dans le Haut-Vallespir, la toile catalane est née pour habiller l’espadrille avant de passer à la maison. À Saint-Laurent-de-Cerdans, des métiers anciens la tissent encore.
Où le trouver 3 adresses dans notre guide ↓Présentation
Dans le Haut-Vallespir, la toile rayée appartient à une histoire industrielle très précise : celle de l’espadrille. À Saint-Laurent-de-Cerdans, la fabrication des sandales de corde et de toile s’est développée au XIXe siècle et a fait vivre la vallée pendant près d’un siècle, au point que le bourg s’est vu surnommer « capitale de l’espadrille ». Il fallait aux ateliers de sandaliers une toile solide et des galons : le tissage s’est installé à côté d’eux.
En 1897, Joseph Sans, fils de muletier formé à Barcelone dans l’atelier de toiles à sandales d’un oncle, s’associe à son unique concurrent du village, Abdon Garcerie, pour bâtir une usine. Le chanvre, le jute et le coton y deviennent toiles aux couleurs catalanes, le sang i or, et tresses pour les fabricants d’espadrilles. Plus tard viennent le linge de table et la toile de transat. Le bâtiment de 1897 est toujours debout.
Après un siècle d’activité, l’usine, en difficulté, est reprise au milieu des années 1990 par Françoise et Henri Quinta, décoratrice et architecte d’intérieur, qui lui donnent le nom de Toiles du Soleil. Ils conservent les vieux métiers à navette, sur lesquels la toile continue d’être tissée en laize étroite, et puisent motifs et coloris dans les archives de la maison pour les adapter aux goûts actuels.
D’autres lieux de la vallée gardent la trace de cette activité. À Saint-Laurent-de-Cerdans, la Maison du patrimoine et de la mémoire André Abet occupe l’Union sandalière, usine coopérative fondée en 1923 par des ouvriers syndiqués ; elle présente un atelier d’espadrilles et de tissage reconstitué, ainsi qu’un espace consacré à la Retirada de 1939. À Arles-sur-Tech, la commune a racheté en 2012 l’ancien site des Tissages catalans, devenu le Moulin des arts et de l’artisanat : la salle des métiers à tisser y reste ouverte au public, à côté d’ateliers d’artisans.
Chiffres clés
- Usine Sans et Garcerie
- 1897, Saint-Laurent-de-Cerdans
- Union sandalière, usine coopérative
- 1923
- Reprise par la famille Quinta
- milieu des années 1990
- Tissages catalans d’Arles-sur-Tech
- rachetés par la commune en 2012
- Laize de la toile traditionnelle
- 43 cm
À savoir
Une toile pour les pieds
Le tissage de Saint-Laurent est né pour fournir toile et galons aux fabricants d’espadrilles ; linge de table et toile de transat sont venus ensuite.
Deux concurrents associés
En 1897, Joseph Sans s’associe à Abdon Garcerie, seul autre tisserand du village, pour construire l’usine dont le bâtiment est toujours debout.
Sang et or
Les premières toiles reprenaient les couleurs catalanes, le jaune et le rouge du drapeau.
Des motifs d’archives
Les dessins actuels sont tirés des archives de l’usine, puis recolorés au goût du jour.
Une usine coopérative
L’Union sandalière de 1923, bâtie par des ouvriers syndiqués, abrite aujourd’hui le centre d’interprétation du patrimoine du village.
La salle des métiers
À Arles-sur-Tech, l’ancienne salle des machines des Tissages catalans se visite au Moulin des arts.
Quand en profiter
Les ateliers et boutiques de Saint-Laurent-de-Cerdans ouvrent toute l’année, en semaine pour la plupart. L’été est la saison la plus commode, avec des horaires élargis à la Maison du patrimoine et des visites d’atelier chez certains fabricants. Hors saison, vérifiez les jours d’ouverture avant de monter dans la vallée.
Voir et acheter
À Saint-Laurent-de-Cerdans, la boutique des Toiles du Soleil jouxte l’usine ; Création catalane, installée dans une ancienne usine d’espadrilles, fabrique des vigatanes dans ces toiles et laisse voir la production depuis son magasin. À Arles-sur-Tech, le Moulin des arts associe la salle des anciens métiers à une boutique de créateurs. Préférez les pièces dont l’origine du tissage est indiquée.
À ne pas manquer
- L’usine et la boutique des Toiles du Soleil, à Saint-Laurent-de-Cerdans
- La Maison du patrimoine et de la mémoire André Abet, dans l’ancienne Union sandalière
- L’atelier d’espadrilles Création catalane, à Saint-Laurent-de-Cerdans
- Le Moulin des arts et de l’artisanat et sa salle des métiers à tisser, à Arles-sur-Tech
Où le trouver
Sources
- Tourisme Pyrénées-Orientales : Les Toiles du Soleil
- FashionUnited : Les Toiles du Soleil (2015)
- Tourisme Pyrénées-Orientales : Maison du patrimoine et de la mémoire André Abet
- Tourisme Occitanie : Création catalane
- Visit Canigó : le Moulin des arts et de l’artisanat
Texte rédigé par Éden Catalán à partir de ces sources. Une erreur ? Écrivez-nous.