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Savoir-faire et artisanat

L’espadrille catalane

Espardenya

Saint-Laurent-de-Cerdans

Photo : Enric, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Chaussure paysanne devenue industrie, l’espadrille a fait vivre le Haut-Vallespir pendant un siècle. Saint-Laurent-de-Cerdans, qui en fut la capitale, en garde un fabricant, un tissage et une demande d’indication géographique déposée en 2026.

Où le trouver 3 adresses dans notre guide ↓

Présentation

En catalan, l’espadrille se dit espardenya, un nom déjà attesté dans des textes du XIVe siècle. Elle est plate et droite, sans pied gauche ni pied droit ; sa semelle de corde tressée, d’abord en chanvre du pays puis en jute, porte une empeigne de toile. La variante à longs rubans noués autour de la cheville s’appelle la vigatana, du nom de Vic, en Catalogne du Sud : c’est encore celle des danseurs de sardane.

Le Haut-Vallespir, et d’abord Saint-Laurent-de-Cerdans, a fait de cette chaussure une industrie. Quand les forges du village s’éteignent au XIXe siècle, les fabriques d’espadrilles, apparues dans les années 1840, prennent le relais ; dès 1863, elles emploient près de deux cents personnes. Dans les années 1870, Joseph Sans, formé à Barcelone, installe un tissage mécanique qui fournit la toile et la tresse aux ateliers de la vallée. Au début du XXe siècle, plus d’un millier d’adultes de la commune vivent de la toile et de l’espadrille, qui chausse vignerons, ouvriers agricoles et mineurs. Après la Première Guerre mondiale, la machine dite « à petit point » coud la semelle à l’empeigne et accélère la production.

En 1948, le Haut-Vallespir assure encore 22 % de la production française. Puis les vignerons et les mineurs se tournent vers d’autres chaussures de travail, les importations arrivent, et les ateliers ferment un à un. Il reste un fabricant, Création catalane, installé dans une ancienne usine du village, et un tissage, devenu Les Toiles du Soleil au milieu des années 1990, dont les métiers tissent toujours le coton.

En février 2026, une association de Saint-Laurent-de-Cerdans a déposé auprès de l’INPI une demande d’indication géographique « Espadrille catalane », couvrant quatorze communes du Haut-Vallespir ; le cahier des charges impose la couture au petit point. Au village, la Maison du patrimoine et de la mémoire André Abet occupe l’ancienne coopérative ouvrière de l’Union sandalière : elle présente une usine d’espadrilles et de tissage reconstituée.

Chiffres clés

Premières fabriques
années 1840, à Saint-Laurent-de-Cerdans
Emplois en 1863
près de 200 personnes
Début du XXe siècle
plus de 1 000 adultes employés dans la toile et l’espadrille
Haut-Vallespir en 1948
22 % de la production française d’espadrilles
Indication géographique
demande déposée en février 2026
Aire demandée
14 communes du Haut-Vallespir

À savoir

Un mot ancien

Le nom catalan espardenya apparaît dans des écrits du XIVe siècle et désigne une chaussure déjà proche de celle d’aujourd’hui.

Les miquelets

À la fin du XVIIe siècle, ces soldats du Vallespir portaient des espadrilles de corde lacées d’un ruban.

La vigatana

L’espadrille à rubans tient son nom de Vic, en Catalogne du Sud ; c’est celle des danseurs de sardane.

Le petit point

Cette couture mécanique de la semelle à l’empeigne caractérise l’espadrille catalane selon le cahier des charges déposé en 2026.

Mauléon, l’autre capitale

Le pays de Soule, au Pays basque, fut l’autre grand centre français de l’espadrille.

Quand en profiter

Atelier et musée se visitent toute l’année. La Maison du patrimoine ferme le week-end hors saison et ouvre tous les jours en juillet et en août. Saint-Laurent-de-Cerdans fête l’espadrille chaque été, avec des visites d’atelier et des animations.

Voir et acheter

À Saint-Laurent-de-Cerdans, Création catalane vend ses espadrilles et ses vigatanes dans une boutique attenante à l’atelier, d’où l’on voit la fabrication. Les Toiles du Soleil tissent toujours leurs cotonnades dans le village. Préférez les modèles dont le lieu de fabrication est indiqué.

À ne pas manquer

  • La Maison du patrimoine et de la mémoire André Abet et son usine reconstituée
  • L’atelier-boutique Création catalane, où l’on voit la fabrication
  • Le tissage des Toiles du Soleil
  • La fête de l’espadrille, chaque été à Saint-Laurent-de-Cerdans
  • Prats-de-Mollo-la-Preste, l’autre bourg du Haut-Vallespir

Où le trouver

Sources

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